LE CAMP JOFFRE A RIVESALTES - 66
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BIENTOT EN LIGNE
Farid Sid, en quête de la reconnaissance des siens
Journal Le Monde du 10.09. 2009 | 16h18 • Mis à jour le 30.10.09 | 19h00
Farid Sid en action, le 10 octobre à Trévise.
Envoyé spécial
Perpignan

Son
nom
sonne clair, une note musicale, une autre conquérante.
Farid Sid est l'un des ailiers de l'USAP (Union
sportive
Arlequins Perpignan) qui accueille, vendredi 30 octobre, le leader
surprise du Top 14, Castres. Deux points seulement séparent les Tarnais des Catalans, dont l'affrontement constitue le match phare de la 11e journée du championnat. Ancien membre de l'équipe de
France A et de rugby à 7,
Farid Sid n'a pas la notoriété de ses coéquipiers
internationaux
David Marty ou Maxime Mermoz, mais il est l'une des pièces
maîtresses de l'USAP.
Ce n'est pas toujours simple d'être Farid Sid. Pas vraiment taiseux mais pas expansif non plus, ce joueur de 30 ans se sent un peu coincé dans ce moyen terme. "On a vite fait de te taxer d'individualiste quand tu es réservé", constate-t-il. Les gens qui ont réussi clament souvent qu'il ne faut jamais oublier d'où l'on vient. Farid Sid, lui, montre d'où il est issu. Après la séance d'entraînement, direction la cité du Réart, à Rivesaltes, où il a passé son enfance. C'est dans ce quartier qu'ont été relogées certaines des familles de harkis auparavant cantonnées dans le sinistre camp de Rivesaltes.
"Etre petit-fils de harkis, on ne peut pas
dire que ce n'est pas important. Ce serait nier le sacrifice de mes grands-parents, mais, dans un sens, ce n'est pas moi le harki, explique-t-il. Il ne faut pas que ce soit un poids, mais il
n'y a toujours pas de reconnaissance réelle de cette histoire et de ses protagonistes. Nous, les jeunes, on peut obtenir une forme de reconnaissance en étant quelqu'un de bien. Malheureusement,
pour les gens issus de l'immigration, cela intervient trop souvent grâce au sport ou la chanson. "
En attendant une reconnaissance des faits, une
reconnaissance des lieux fera l'affaire. Farid Sid se charge de la visite guidée. En face de l'une des entrées du camp de Rivesaltes, les stèles s'alignent sur le bord de la route : hommages aux
républicains espagnols, aux juifs, aux tsiganes, aux harkis et aux étrangers en situation irrégulière qui se sont succédé dans ces baraquements de 1940 à 2007. Au bout d'un long chemin de
gravillons, ce qu'il reste des bâtiments.
Ces lieux "bien cachés, bien loin de
tout", font donc partie de l'histoire de Farid
Sid. Ils devraient accueillir en 2012 un musée mémorial. Dans ce cadre, le joueur participera à une commission mémoire avec l'un de ses grand-pères. "Mes grands-parents ont tellement voulu ne
pas faire de vagues qu'ils en ont oublié de vivre, déplore-t-il. Le sentiment d'infériorité qu'ont vécu les
harkis, on naît avec ça, on grandit avec, et c'est dur de s'en défaire. "
Un aperçu extérieur du futur Mémorial . On aura l'impression de s'élever vers la cime du ciel !
Un aperçu intérieur du futur Mémorial (cette partie sera enterré).
Le futur Mémorial au Camp Joffre de Rivesaltes (66), haut lieu funeste de l'internement des populations Juifs, Républicains Espagnols, Tziganes, Harkis......
Dès 1998, le Conseil Général des Pyrénées Orientales et son
Président Christian BOURQUIN, initiateur du projet, aura réussi à rassembler l'ensemble des représentants des différentes communautés, des partenaires associatifs et
institutionnels, dans la perspective d'oeuvrer tous ensemble à ce devoir de mémoire, que sera le futur Mémorial de Rivesaltes.
Depuis le lancement de ce formidable projet lié à la mémoire collective, chacun s'attèle à apporter sa petite et modeste pierre à la réalisation de ce
projet.
Cet espace de mémoire
qui sera implanté sur 42 hectares, permettra l'évocation, l'histoire de tous ces hommes, femmes et enfants qui furent internés dans ce camp lors des périodes sombres de notre
histoire " de 1935 à nos
jours"
En ce qui concerne la place des harkis dans le
Mémorial, elle sera conséquente, nous y veillons, et surtout elle permettra d'inscrire l'histoire, la mémoire des harkis et leurs familles.
Pour triste mémoire, plus de trente mille âmes furent internés dans ce camp de 1962 à 1975, soixante dix sept personnes sont décédés dans ce funeste camp, dont plusieurs nouveaux nés, enfants, les sépultures sont pour l'heure encore
éparpillées dans des îlots du camp.
Lors des travaux dans le cadre de la commission mémoire, nos représentants inquiéts et vigilants ont alerté le maître d'oeuvre du projet, en l'occurence le Conseil Général, il a
été noté sur les comptes rendus de réunion, que cette situation ferait l'objet d'une étude toute particulière.
Le futur Mémorial sera unique en France, dans cette répartition de la mémoire collective, il fera découvrir et comprendre
l'histoire, la tragédie des Harkis de leurs familles.
Il sera surtout un espace ouvert au rétablissement de la vérité historique, où nul ne confisquera cette mémoire enfouie, enfin un lieu propice au partage, à l'échange, à la
fraternité, afin surtout de rappeler aux jeunes générations, comment au travers du temps, la folie des hommes est pu être destructrice.
Enfin, chers compatriotes, amis, sympathisants, vous êtes aussi inviter aussi à apporter votre soutien à ce
formidable projet de mémoire.
Si vous disposer d'archives, de documents, d'objets....., n'hésiter pas à nous contacter sur ce site, les idées, propositions sont encore les bienvenus.
Les Représentants de la Communauté harkie à ce projet.
Amar,
Fatima,Djéma,Robert,Chabane,Maurice,Zaroug,Nasser, Mohamed.
"Seul celui qui porte la charge sait combien elle pèse".
NOUS AVONS BESOIN DE VOS TEMOIGNAGES
Toutes les familles Harkis qui ont été internés au Camp Joffre de RIVESALTES où qui y ont perdu un membre de leur famille.
CONTACTER NOUS !
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